Organisation du Travail, Risques Psychosociaux

Comment alléger la charge mentale et la charge émotionnelle ?

 

Quelle est la différence entre charge mentale et charge émotionnelle ?

Quels sont les facteurs aggravants ? Comment l’alléger ?

Si vous vous posez ces questions, je propose d’y répondre dans cet article.

 

 

Nous connaissons bien la charge de travail et les conséquences de son déséquilibre, dont notamment :

 

Mais la charge des travailleurs n’est pas toujours visible et quantifiable. Elle peut-être mentale et/ou émotionnelle. Ces deux types de charge peuvent être source de stress.

 

 

La charge mentale

 

 

Comme son nom l’indique la charge mentale consiste à devoir se concentrer, penser à tout, et ne surtout rien oublier.

 

Un environnement de travail bruyant, source de distractions et d’interruptions peut engendrer une forme de charge mentale, car le collaborateur doit jongler entre les tâches, ce qui n’est pas tâche aisée.

La pression temporelle n’arrangeant en rien l’équation, tout comme la gestion des « urgences ».

 

En fonction du niveau de responsabilité, la charge mentale peut être particulièrement mal vécue. D’autant plus si le collaborateur perçoit qu’il n’a pas le droit à l’erreur et à l’oubli.

 

C’est pourquoi la frontière entre charge mentale et charge émotionnelle n’est pas toujours imperméable.

 

 

La charge émotionnelle

 

 

La charge émotionnelle implique, quant à elle, tant de choses. Il s’agit du poids des émotions liées au travail.

 

L’on distingue deux formes de charge émotionnelle, en fonction de leur origine et nature :

 

Charge émotionnelle globale

 

Elle recouvre diverses émotions ressenties en raison des conditions de travail: matérielles ou relationnelles.

 

Cela peut être notamment le cas lorsqu’un collaborateur manque de ressources pour mener à bien sa mission. Il doit chercher une solution ou se retrouve face à une impasse.

Les conséquences sont d’autant plus importantes si le collaborateur se sent isolé et que ses collègues ne font pas preuve de soutien social.

 

Des métiers divers et variés peuvent donc être concernés par ce type de charge émotionnelle. Selon l’INRS, cela peut notamment être le cas dans le secteur tertiaire en raison de la qualité de service demandée (aggravée par un manque de ressources).

 

Charge émotionnelle spécifique

 

Elle est davantage en lien avec les caractéristiques du travail.

Il s’agit notamment des métiers en contact avec le public, d’autant plus si ce dernier est en souffrance, mais également s’il s’agit de faire face au mécontentement des usagers et donc, potentiellement, à leur colère et comportements agressifs.

 

Pour y faire face, il n’est pas rare que le collaborateur prenne une distance professionnelle, ce qui est d’ailleurs souvent recommandé en formation. Prudence toutefois : si cette prise de distance est trop importante cela peut avoir un impact négatif sur l’engagement professionnel, qu’il convient de favoriser par d’autres leviers, si l’on ne veut pas faire face à un turnover important, indicateur de RPS.

 

Il est préférable de mettre en place des actions de prévention pour fortifier les ressources individuelles, collectives et organisationnelles permettant de favoriser les régulations émotionnelles (qui, elles, ont moins d’impact sur l’engagement professionnel).

La charge émotionnelle est d’autant plus difficile à gérer lorsqu’elle n’est pas reconnue par la hiérarchie. Offrir une formation aux collaborateurs, au-delà de l’aide que cela peut apporter au quotidien, est une façon de montrer que cette souffrance est prise en compte. A condition que le contenu soit de qualité et applicable sur le terrain pour être efficace.

Des activités de remédiation peuvent également aider à canaliser ses émotions et permet au collaborateur de réaliser à quel point il n’est pas seul dans cette situation.

 

 

La surcharge

 

 

A termes, les perceptions de surcharge mentale et émotionnelle ne se contentent pas d’être source de stress, mais peuvent directement mener à l’épuisement professionnel (émotionnel ?).

Les contextes de changement organisationnel peuvent être particulièrement empreints de charge mentale et/ou émotionnelle. En effet, le travail du collaborateur peut se voir transformé et il se retrouve à devoir repenser son travail et ne doit surtout rien oublier. Ce changement peut être mal vécu, dégrader les relations de travail. Pendant une période de transition, le collaborateur peut se trouver démuni et manquer de ressources pour mener à bien sa mission. D’ailleurs est-elle claire ? Sait-il comment se positionner ?

 

 

Bilan et solutions

 

 

La charge mentale, liée aux conditions de travail, et la charge émotionnelle, liée aux caractéristiques du travail, se rencontrent souvent et ne sont pas tout à fait perméables l’une à l’autre.

 

Pas de panique, plusieurs mesures permettent de l’alléger et d’aider le collaborateur à y faire face :

 

  • Avoir des objectifs SMART
    • Spécifiques
    • Mesurables
    • Atteignables
    • Réalistes
    • Temporalisés

En bref, des objectifs clairs, pas trop exigeants et avec une échéance à respecter (pour éviter la procrastination et inciter, au contraire, une bonne organisation).

 

  • Répartir les responsabilités et laisser aux collaborateurs le droit à l’erreur

Si les erreurs peuvent avoir de lourdes conséquences sur le travail : proposer une relecture avant validation et en profiter pour faire un feedback sandwich ou positif.

Il n’est pas sain qu’une seule personne soit en charge de tout rappeler à tout le monde, chacun doit prendre ses responsabilités : favoriser l’autonomie et l’implication.

 

  • Anticiper et relativiser les urgences

Prévoir plus de temps, pour gérer les « imprévus » et avoir une procédure à suivre pour résoudre ce type de problème.

 

  • Prioriser les tâches
  • Favoriser la cohésion d’équipe et le soutien social
  • Faire preuve de reconnaissance
  • Fournir les ressources nécessaires
  • Éviter les interruptions

Permettre aux collaborateurs de s’isoler pour effectuer les tâches les plus dures et qui demandent beaucoup de concentration.

 

  • Faire des pauses productives
  • Briser le tabou et mener des actions de prévention (remédiation, formation, régulation des émotions)

 

En ouvrant le dialogue et en prenant certaines mesures, il est ainsi possible d’aider les collaborateurs et d’alléger la charge de travail, tout en atteignant ses objectifs.

 

Yohanna Gomez

 

 

Image par Gerd Altmann de Pixabay

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