Management

Pourquoi développer les 4 compétences d’Intelligence Emotionnelle ?

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ? Quel sont ses bienfaits ? Comment la développer ?

Nous avons pu voir l’importance des interactions entre supérieurs hiérarchiques et subordonnés. Mais aussi celle de la gestion des émotions dans le Management du Stress.

L’intelligence émotionnelle va encore plus loin ! Il s’agit de la compréhension et gestion de ses propres émotions, mais aussi de celles des autres.

Dans un premier temps, il s’agit d’identifier et comprendre l’émotion ressentie par soi-même ou par un tiers.

Pour cela, voyons tout d’abord ce qu’est une émotion.

 

 

Qu’est ce qu’une émotion ? 

 

 

Il s’agit de la réaction involontaire à un stimulus. Elle se manifeste en interne, puis s’exprime en externe et nous pousse à agir.

 

Il existe cinq émotions de base

  1. Joie
  2. Tristesse
  3. Peur
  4. Dégoût
  5. Colère

 

Il en résulte d’autres, plus « complexes ». Il existe notamment un consensus de 7 émotions universelles :

  • Joie
  • Tristesse
  • Peur
  • Dégoût
  • Colère
  • Surprise (Dérivé de peur)
  • Mépris (Dérivé de dégoût)

 

 

En contexte de travail : 

1.  La joie est perçue comme une émotion positive, qu’il n’est pas nécessaire de gérer. Attention toutefois à ne pas faire preuve d’euphorie extrême, cela peut être troublant pour l’entourage.

2. La tristesse est particulièrement contagieuse selon les cas. Elle est difficile à canaliser et il est nécessaire de l’évacuer. L’entourage peut alors faire preuve de soutien social et apporter son aide pour faire face à la situation.

Mais s’il convient de respecter l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle : cela va dans les deux sens ! L’une ne doit pas trop impacter l’autre. Il est parfois inévitable d’être triste en raison de problèmes personnels (notamment en cas de deuil).

Dans d’autre cas, moins graves, l’intelligence émotionnelle permet de différencier ces deux contextes et gérer ses émotions.

3. La peur est proche du stress. Si elle ne peut pas toujours être contenue, elle peut être dépassée pour faire face à la situation efficacement. Le stress peut lui aussi être contagieux.

4. Le dégoût peut être particulièrement vexant pour l’entourage s’il le prend pour lui. Sans aller jusqu’au dégoût au sens strict du terme, il peut s’agir de mettre à l’écart une personne, qui va se sentir rejetée.

5. La colère peut nous pousser à être agressif et dire des « mots qui ont dépassé notre pensée ». Bien souvent, cette réaction primaire et impulsive empire la situation et détériore les relations interpersonnelles.

En gardant son calme, l’on garde le contrôle de la situation. De plus, cela peut engendrer une perception de harcèlement chez les salariés. D’autant plus s’ils ne sont pas responsables de la situation !

 

Bref, les effets peuvent être catastrophiques en termes de management ! L’intelligence émotionnelle consiste alors à identifier différentes émotions afin d’y réagir plus efficacement.

 

 

L’intelligence Émotionnelle

 

 

Selon le modèle de Daniel Goleman : l’intelligence émotionnelle est constituée de 4 compétences dont découlent 20 capacités :

 

  • Conscience de soi : être capable de comprendre ses émotions et leur influence pour guider ses décisions
    • Capacités : Ecoute de ses émotions, volonté de progression et confiance en ses ressources personnelles
  • Maîtrise de soi : être capable de gérer ses émotions et son impulsivité, s’adapter à la situation
    • Capacités : Intégrité et conscience professionnelle, viser l’excellence et apprécier le changement, prise d’initiatives tout en contrôlant son impulsivité
  • Conscience sociale : détecter et comprendre les émotions des autres pour réagir correctement
    • Capacités : Ecoute et volonté de rendre service aux autres
  • Gestion des relations : gérer les conflits, inspirer les autres et les pousser à s’améliorer
    • Capacités : Entretien d’un réseau de qualité, anticipation et gestion de conflits, communication efficace, participation au travail d’équipe, inspirer les autres, les influencer et les aider à progresser, provoquer le changement

 

Etre attentif à ces dimensions et favoriser ces compétences sont un premier pas vers l’intelligence émotionnelle. Cela améliore grandement les interactions, la communication, le travail et la cohésion d’équipe.

 

 

Pourquoi favoriser l’Intelligence Émotionnelle ?

 

 

Bien souvent, le manager est issu de l’équipe et a accédé ce poste par promotion. Ce qui est doublement louable :

  • il connait le travail et ses contraintes (cf. article expliquant que « celui qui fait est celui qui sait »)
  • cela permet l’évolution professionnelle qui favorise la motivation des salariés

Le problème que cela engendre est que les compétences techniques sont privilégiées aux compétences managériales.

De plus, si la décision d’accorder la promotion à ce membre de l’équipe plutôt qu’à un autre n’est pas ou mal expliquée, cela peut engendrer des tensions et rendre le manager illégitime (ce qui ne rend pas sa tâche facile !).

Pour corriger cela, il convient dans un premier temps d’expliquer à l’ensemble de l’équipe pourquoi il est plus favorable pour l’équipe de désigner ce collègue comme manager.

Puis, il est grandement souhaitable, voir impératif, de former ce dernier au management. L’intelligence Émotionnelle peut faire partie de la formation car elle favorise la gestion émotionnelle de l’équipe, mais aussi la gestion des conflits.

 

Bien que ce concept soit essentiellement développé aux Etats-Unis, il n’en demeure pas moins intéressant de développer la gestion des émotions. Il ne s’agit pas ici de faire taire les émotions, qui sont un signal d’alarme nous poussant à agir. Il s’agit plutôt d’y répondre et d’y faire face.

De son côté, le manager peut canaliser ses émotions négatives face à ses subordonnés. Différentes émotions peuvent dégrader le climat de travail et l’efficacité de l’équipe.

Il peut également aider ses subordonnés lorsqu’ils font face à des difficultés, à commencer par un retour au calme en cas d' »émotion négative ».

Favoriser et développer l’intelligence émotionnelle peut donc avoir divers bienfaits. Cela ne se limite pas au manager avec ses subordonnés. Cette compétence peut permettre aux salariés en contact avec un public difficile de mieux gérer ces situations de conflit !

 

Mais alors, faut-il être attentif à chacune de ses émotions et perdre son naturel ? Non ! Toute la nuance est là !

Ces émotions apparaissent pour une raison, il s’agit de la découvrir et d’y faire face. L’idéal est de rester naturel, tout en gardant le contrôle de soi et ne pas se laisser dicter sa conduite par ses émotions. L’intelligence émotionnelle est à prendre avec des pincettes, car il ne faut pas non plus en abuser !

 

Ce concept est assez controversé et je suis d’avis d’en tirer des leçons tout en gardant son esprit critique et ne pas étouffer toute expression d’émotion. N’hésitez pas à me faire part de votre avis, j’en débattrais avec vous avec plaisir.

Après avoir parlé d’Intelligence Émotionnelle, nous parlerons la semaine prochaine d’Intelligence Artificielle !

A bientôt,

Yohanna Gomez

 

 

 

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