Management, Qualité de Vie au Travail

Chief Hapiness Officer : peut-il rendre une entreprise heureuse et productive ?

 

De plus en plus de CHO pullulent dans les entreprises en quête de Qualité de Vie au Travail. Ont-ils une réelle plus-value ?

 

 

Le Chief Hapiness Officer est-il vraiment utile ?

 

 

Il a pour rôle d’améliorer le quotidien des collaborateurs pour favoriser le bonheur au travail. Mais, trop souvent, ses interventions se limitent à des petites intentions, certes charmantes, mais qui restent en surface et ne s’attaquent pas au(x) problème(s) auquel/auxquels les salariés font face.

 

 

Comment s’y prendre ?

 

 

Pour être efficace, le CHO doit commencer par demander aux collaborateurs quels sont leurs réels besoins et difficultés. Il peut ainsi chercher une solution pour y répondre et parvenir à un équilibre entre les besoins des salariés et ceux de l’entreprise (rentabilité, contraintes etc.).

 

 

Il peut ainsi devenir un intermédiaire de choix entre les collaborateurs et la hiérarchie et favoriser un dialogue social de qualité. Il est dommage de se contenter de respecter les obligations légales. Plutôt que de le transformer en rapport de force, il s’agit d’une occasion de prendre des mesures utiles et satisfaire les salariés, qui n’en seront que plus productifs.

Conformément aux principes de Justice Organisationnelle, expliquer aux salariés pour quelles raisons il n’est pas possible de répondre favorablement à telle ou telle requête soulage les tensions et entraine un climat de justice.

Pour profiter au maximum de la proximité du CHO, il peut être intéressant de l’intégrer au comité de direction et lui permettre de faire remonter les requêtes et remarques des salariés.

 

 

Après avoir identifié le cœur du problème et les besoins des collaborateurs, le CHO va tenter d’améliorer leur quotidien. Pour cela, il a besoin d’une marge de manœuvre suffisante. Il doit être en mesure d’intervenir de façon concrète et utile, sans quoi il se contente de rester en surface et ne favorise pas le bonheur au travail sur le long terme.

Cela lui permet de mieux dépenser le budget dont il dispose, plutôt que de se contenter d’acheter bêtement des fleurs et des collations. Pour améliorer réellement le quotidien, il devrait pouvoir modifier en partie l’organisation du travail. Même avec les meilleures intentions du monde, le budget est parfois mal utilisé.

 

Un exemple précis me revient toujours en tête, qu’il soit véridique ou pas. Dans un épisode de l’émission patron incognito, un patron a investi une grosse somme dans des voitures modernes et ne comprenait pas pourquoi les salariés se plaignaient. En faisant la tournée avec l’un d’entre eux, il a pu constater par lui-même que la porte était trop lourde : à force de l’ouvrir et la fermer, cela engendrait une réelle fatigue, voire des douleurs.

Les salariés sont les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin au quotidien, il est donc indispensable de le leur demander !

Amener des croissants ou des fleurs fraîches est un geste vain si le problème se situe ailleurs (ce qui est bien souvent le cas !).

 

 

Les salariés ont besoin d’autonomie ? Laissez-leur plus de marge de manœuvre et ne contrôlez que le résultat final ! Si cela vous fait trop peur, faites des points d’étape.

Besoin de flexibilité ? Détachez-vous du concept d’horaires et temps de travail ! Concentrez-vous, une fois de plus, sur le résultat final. C’est le plus important, n’est-ce pas ? Laissez les collaborateurs travailler lorsqu’ils sont le plus productif, tant qu’ils respectent les délais (à condition que ceux-ci soient réalistes, à l’image des objectifs SMART).

 

 

Rendre les collaborateurs heureux et performants n’implique pas toujours des budgets colossaux, mais plutôt de répondre aux véritables problèmes auxquels ils font face !

Cela peut impliquer notamment d’apporter plus de souplesse et de modernisation dans les procédures traditionnelles et rigides, ayant fait leur preuve il y a 20 ans. Y a-t-il une meilleure façon de procéder ? Très certainement !

Le CHO peut donc être véhicule de changement, mais pas n’importe lequel, d’un changement utile, répondant à un véritable besoin et rendant les collaborateurs heureux !

Avoir des petites attentions sur son bureau, alors que l’ordinateur est devenu obsolète ne répond pas au problème et ne vient pas mettre du baume au cœur, au contraire cela peut être frustrant de voir de l’argent mal utilisé !

Visez le long terme pour pérenniser, résolvez les véritables problèmes du quotidien et vous serez récompensés !

 

Et vous, croyez-vous en l’utilité du Chief Hapiness Officer ?

Yohanna Gomez

 

Image par rawpixel de Pixabay

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