Communication, Management, Organisation du Travail, Qualité de Vie au Travail

Comment et pourquoi faire preuve de reconnaissance en trois points

 

La reconnaissance au travail comporte deux dimensions :

  • La reconnaissance de la réalité et de la valeur des contributions de chacun
  • La gratitude de l’entreprise pour cet apport

Ainsi, l’entreprise remercie et légitime le travailleur pour sa contribution.

 

 

Quels sont les effets du manque de reconnaissance ?

 

 

Le manque de reconnaissance peut questionner le sens du travail et sa valeur. Le collaborateur peut avoir besoin que l’entreprise lui prouve son utilité pour que ce dernier continue à s’investir et être motivé.

A termes, cela peut mener au burn-out, dans la mesure où le travailleur s’épuise à contribuer, sans avoir de résultat tangible à ses yeux. Ainsi, la reconnaissance, le sens du travail et le burn-out sont intimement liés.

 

La psychodynamique de la reconnaissance, quant à elle, prend en compte le lien entre la reconnaissance et l’identité du travailleur. Un manque de reconnaissance peut entrainer une crise identitaire si l’individu s’investit et s’identifie trop fortement à sa contribution au travail. Cela impacte sa santé mentale si l’entreprise ne lui renvoie pas l’image qu’il a de lui-même et de son importance dans la société.

 

 

Quels sont les bienfaits de la reconnaissance ?

 

 

La reconnaissance peut venir combler une perception de déséquilibre en matière de Justice Distributive : rétributions proportionnelles aux contributions. Elle vient également favoriser la Justice Interpersonnelle lorsque la hiérarchie fait preuve de reconnaissance envers ses collaborateurs.

Elle vient également enrichir le sens du travail, la motivation, la satisfaction et in fine, la productivité.

 

Mais la reconnaissance ne résout pas tout : pour fournir un travail de qualité et avoir une bonne santé mentale, les collaborateurs doivent avoir les ressources nécessaires pour mener à bien leur mission, ainsi qu’une organisation du travail favorable. Rappelons que le manque de ressource est source de stress.

Sans cela, la reconnaissance risque de se résumer à une stratégie manipulatrice pour permettre aux salariés de résister à des conditions de travail délétères, sans pour autant intervenir sur l’organisation du travail : stratégie inefficace, portant sur le court terme.

A force de faire face à des obstacles empêchant le travail de qualité, le collaborateur ne peut que réaliser que son travail ne « mérite » pas cette reconnaissance, qui n’est donc pas sincère. Ce qui peut même venir entacher l’estime et la confiance en soi !

 

 

Comment faire preuve de reconnaissance ?

 

 

Faire preuve de reconnaissance se fait au quotidien. Notamment, lorsqu’un manager félicite et/ou remercie un collaborateur pour son travail.

 

Cela peut prendre la forme d’un feedback positif, qui prépare les collaborateurs à recevoir une feedback constructif « négatif » lorsque cela s’avère nécessaire. Cela permet de rectifier et réguler le travail.

 

Cette démarche doit toutefois prendre en compte le fait que les collaborateurs sont avant tout des individus. Nous traversons tous des hauts et des bas, pour des raisons de santé ou personnelles.

Les sphères de la vie privée et du travail ne sont pas entièrement imperméables l’une à l’autre. Il peut arriver qu’un travailleur ait un « coup de mou » passager. Le manager peut alors faire preuve de soutien social et lui proposer une solution ou une plus grande flexibilité : il sera toujours temps de se rattraper plus tard.

 

Le Dictionnaire des Risques Psychosociaux nous invite à observer que les enquêtes Sumer révèlent un écart entre la perception de reconnaissance et de soutien social (soutien dont font preuve les collègues et la hiérarchie).

Bien que la perception de soutien social soit élevée, celle de la reconnaissance peut être lacunaire : elle ne se résume donc pas à la reconnaissance verbale de la hiérarchie, mais également à l’organisation du travail. Elle doit plutôt faire partie d’une stratégie globale d’amélioration du travail et de ses conditions.

 

Augmenter l’autonomie et les marges de manœuvre des collaborateurs est un bon moyen de faire preuve de reconnaissance à travers l’organisation du travail. Cela témoigne de la confiance et de la satisfaction que l’entreprise a de ses salariés.

C’est une manière de reconnaitre leurs compétences et leur capacité à fournir un travail de qualité. Sans avoir besoin de contrôler le travail à chaque étape, si ce n’est, éventuellement, le résultat final. Ce qui implique d’être en charge d’un travail complexe et non réduit à une étape de conception comme ça peut être le cas dans les grandes chaines de production.

Pourquoi ne pas leur confier plus de responsabilités, s’ils le souhaitent ? Après tout, il s’agit de bons éléments, capables de fournir un travail satisfaisant.

 

Attention toutefois à ne pas créer une concurrence malsaine en se centrant sur l’individu plutôt que sur le collectif de travail.

De plus, la reconnaissance doit porter sur le travail et non sur des aspects personnels. Il ne s’agit pas de valoriser l’individu et sa façon d’être, mais plutôt sa façon de travailler. Sans quoi, l’on s’éloigne de la reconnaissance au travail et l’on prend le risque de fragiliser l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle en rendant la frontière entre ces deux sphères trop fine et perméable. C’est à cette condition que la reconnaissance permet de préserver la santé mentale des collaborateurs .

 

Attention, toutefois, à ne pas instrumentaliser la reconnaissance. C’est-à-dire à faire preuve de reconnaissance envers les collaborateurs dans le seul but de favoriser leur productivité : la dimension humaine et éthique ne doit pas être perdue de vue. Ce n’est qu’en favorisant ces dimensions que l’on peut profiter de ses bénéfices, mais cela ne doit pas être son seul objectif.

 

 

Bilan

 

 

Faire preuve de reconnaissance doit être une démarche sincère et globale, permettant aux collaborateurs de fournir un travail de qualité et satisfaisant pour tous.

Pour cela, il ne faut pas se contenter de paroles, mais agir également sur l’organisation du travail. Augmenter l’autonomie est un bon moyen de récompenser les collaborateurs pour leur travail de qualité, tout en leur fournissant les ressources nécessaires pour continuer dans leur lancée.

Les feedbacks positifs sont également l’occasion de faire preuve de reconnaissance, au quotidien. Attention toutefois à se concentrer sur la façon de travailler et non sur la façon d’être du collaborateur. De plus, la reconnaissance doit s’intéresser au collectif de travail et non à l’identité de chacun.

Un manque de reconnaissance peut d’ailleurs avoir des conséquences désastreuses et provoquer une crise identitaire personnelle, mais aussi du sens du travail et la place qu’occupe l’individu dans la société. En fonction du degré d’investissement et de la perception que le collaborateur a des résultats et de l’utilité de son travail, cela peut même mener à l’épuisement professionnel.

Au contraire, la reconnaissance donne du sens au travail et favorise la motivation, ainsi que la satisfaction.

 

Et vous, aimeriez-vous que votre travail soit mieux reconnu ?

 

Yohanna Gomez

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