Risques Psychosociaux

Zoom sur le Workaholism

Nous allons voir de quoi il s’agit, comment le détecter et surtout comment réagir !

Ce phénomène ne doit pas être sous-estimé : ses conséquences peuvent être catastrophiques, pour le collaborateur et l’entreprise.

 

 

Workaholism, Kesako ?

 

 

Cessons le suspens : il s’agit de l’addiction au travail.

Cette notion trouve sa racine dans 2 mots : Work + Alcoholism = Work-aholism

 

Mais comment peut-on être dépendant au travail ? Ne s’agit-il pas d’une activité utile, qui nous permet de gagner notre vie ?

Pour la plupart d’entre nous c’est le cas, d’autant plus lorsque l’équilibre entre Vie privée et Vie professionnelle est respecté et que les conditions de travail sont adéquates (ressources, charge de travail…).

Seulement, le travail peut entrainer une conduite addictive, sans substance psychoactive (contrairement à l’alcool) et est alors considéré comme une dépendance.

 

Nous connaissons bien les addictions à diverses substances (tabac, drogue, alcool). Mais d’autres dépendances sont moins connues. Il est tout à fait possible de devenir addict aux jeux, et de façon plus dangereuse aux jeux d’argent (gambling). Tout comme il peut arriver d’être dépendant à une personne à des moments difficiles de notre vie !

 

 

Qu’est-ce que l’addiction ?

 

Selon le DSM-IV, l’addiction se caractérise par trois éléments :

  • Le temps excessif consacré à l’objet de l’addiction (substance ou activité)
  • Au détriment d’autres activités et des relations sociales, qui peuvent même devenir inexistantes
  • La personne persiste, consciemment, malgré le temps passé et les conséquences observées sur la santé physique, mentale et sociale. (C’est là que l’on peut constater son lien direct avec les risques psychosociaux, au-delà de mener au burnout.)

 

En ce qui concerne plus particulièrement le workaholism : le travail provoque une forme de plaisir que l’addict cherche à renouveler, au détriment d’autres activités et de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Il devient alors le seul intérêt de cette personne. Son engagement professionnel est excessif, plus rien d’autre n’a d’importance, y compris les relations avec les collègues, qui peuvent être purement fonctionnelles et subies, lorsque le besoin s’en fait ressentir.

Prendre du plaisir au travail, c’est bien. Mais aucun excès n’est bon !

 

Certains, même pendant leur retraite, continuent de travailler, malgré des revenus satisfaisants. Pour bon nombre, cela s’explique par le fait que leur identité (subjective) et leur sentiment d’utilité leur est indispensable et ne se trouvent que dans le travail.

 

 

4 Profils

 

 

Selon le guide pour Workaholics, il  existe 4 profils d’addiction :

  1. Manque de concentration: la personne se lance dans de multiples tâches, qu’elle ne finit pas, à la recherche de sensations fortes et d’adrénaline (ou, au travail !). Contrairement au commun des mortels, le volume de tâches est stimulant et représente un défi perpétuel.
  2. Le boulimique: il alterne les phases de repos et de travail intense. Il ne se lance que dans peu de tâches, dans un souci de perfection, pouvant aller jusqu’à l’épuisement.
  3. Le perfectionniste: il cherche à atteindre un idéal, comme le boulimique, mais fait en sorte de ne pas l’atteindre, pour pouvoir vérifier son travail, encore et encore.
  4. L’infatigable. Inutile de vous faire un dessin, c’est une véritable machine de guerre, qui n’arrête pas de travailler, de façon compulsive, sans prendre le temps de se reposer. Mais ses ressources internes ne sont pas infinies, alors il finit lui aussi par s’épuiser.

 

Une fois de plus, la notion importante est le plaisir. Les profils perfectionnistes se rapprochent du syndrome de l’imposteur, par leur peur de décevoir. A la grosse différence que ce dernier subit la situation et souffre d’anxiété, de stress, de dépréciation etc.

 

 

Comment gérer le Workaholism ?

 

 

Phase de détection

 

 

Des tests permettent de détecter l’addiction au travail, dont notamment le « workaholism scale » de 1992, qui permet d’en différencier trois dimensions :

  • Le plaisir ressenti au travail
  • La compulsion à travailler
  • L’engagement excessif

 

Si ces éléments peuvent être souhaitables, dans une mesure équilibrée, rappelons qu’aucun excès n’est bon. Cela s’ajoute aux missions confiées réellement au collaborateur. Son identité et sa vie se résument au travail, ce qui ne permet pas de lever le pied lorsque cela est nécessaire. Sans travail, il est totalement perdu, ne sait pas quoi faire ni comment combler ce vide. Que faire pendant les congés, la retraite ? (Et plus récemment, le confinement ?!).

En cas de maladie, il attendra le dernier moment pour se faire soigner, lorsqu’un incident sera survenu sur le lieu de travail (malaises etc.). Si cela arrive en dehors, il l’ignorera, purement et simplement.

 

Une version récente est venue compléter ce test et prend en compte des problématiques plus contemporaines.

 

 

Phase de cure

 

 

Si un cas de workaholism est détecté, il est intéressant de reconnaitre son profil pour agir en conséquence.

Dans le cas d’un profil perfectionniste, l’entreprise peut tenter d’enrayer cette quête, en clarifiant le résultat souhaité et en accordant des délais plus courts, lui empêchant de tourner en rond.

En ce qui concerne les profils plus compulsifs, la charge de travail devrait être régulée et distribuée par le N+1 mais attention à ne pas trop fruster et brider le collaborateur, qui peut compenser ou rechercher ce travail ailleurs. Ce qui ne ferait que déplacer le problème. Il s’agit plutôt de lui éviter l’épuisement, dans un premier temps.

 

Dans tous les cas, un psychologue du travail est en mesure de vous guider et d’orienter l’individu vers une prise en charge adaptée, après avoir cerné sa problématique (personnelle et/ou professionnelle). Comme pour toute addiction, le sevrage ne peut être improvisé et doit être encadré.

Le workaholism n’est pas positif, mais plutôt contreproductif, donc il ne doit pas être sous-estimé. Ses conséquences peuvent être dévastatrices et doivent être évitées.

Yohanna Gomez

 

Photo de Lukas provenant de Pexels
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