Diversité

Zoom sur les 6 stéréotypes concernant les travailleurs âgés

La semaine dernière nous avons abordé la formation. Elle intervient à différentes étapes de la vie du salarié et participe à l’évolution de l’entreprise. Il arrive que certains collaborateurs soient mis à l’écart de ce processus, en pensant que cela ne les intéresse pas. Ces collaborateurs sont dits « travailleurs âgés ». Ils font l’objet de stéréotypes. Voyons dans quelle mesure ils se vérifient sur le terrain !

 

 

Qu’est-ce qu’un stéréotype ?

 

 

Il s’agit d’une croyance partagée au sujet des caractéristiques d’un groupe minoritaire (exogroupe).

Cette croyance est véhiculée et résiste aux informations nouvelles venant infirmer le stéréotype.

2 biais cognitifs expliquent ce phénomène.

 

 

1. Biais de représentativité

 

Malgré l’adage :

 « Il n’y a pas de fumée sans feu »

La plupart des stéréotypes ne se basent pas sur des faits mais sont le résultat d’un filtrage cognitif d’informations. Ce processus vise à simplifier leur traitement. Lorsque cela concerne l’être humain, il s’agit de catégorisation sociale (processus faisant appel à 2 autres biais cognitfis).

A partir d’un échantillon non représentatif d’informations, le cerveau généralise les caractéristiques observées et catégorise le groupe minoritaire.

 

 

2. Biais de confirmation

 

Nous avons tendance à prêter davantage attention aux informations qui viennent confirmer ce que nous pensons déjà. Cela est moins coûteux, plus rapide et nous laisse dans notre confort de pensée.

Face à la quantité d’informations à traiter, il serait trop coûteux de tout analyser et mémoriser en permanence.

Ne pas avoir recours à des biais cognitifs demande un effort supplémentaire.

 

 

Travailleur âgé, kesako ?

 

 

Etudié essentiellement aux Etats-Unis, les travailleurs sont considérés âgés à partir de 40 ans, en raison des articles de loi contre la discrimination.

Les recherches sur les stéréotypes de l’âge au travail, montrent que ces travailleurs peuvent faire l’objet de stéréotypes négatifs à partir de 45 ans. Bien que cela puisse paraitre jeune, ce phénomène peut apparaitre dès cet âge.

 

 

Quels sont les stéréotypes en question ?

  1. Manque de motivation, en attente de la retraite (Dead-wood)
  2. Manque d’intérêt pour les formations
  3. Résistance au changement
  4. Santé plus fragile
  5. Vulnérables à l’équilibre vie privée / vie professionnelle
  6. Peu dignes de confiance

 

Ces stéréotypes peuvent notamment venir influencer les décisionnaires, en termes de gestion des carrières et de recrutement. Les travailleurs âgés étant alors cantonnés au même poste, en attendant la retraite, installant ainsi un cercle vicieux. Les stéréotypes viennent compléter un manque d’informations, permettant un traitement plus rapide et moins coûteux. Ce qui mène à la conduite discriminatoire.

De plus, les personnes qui en sont victimes peuvent agir dans ce sens et venir confirmer le stéréotype.

Pourquoi ? Parce que cela demande moins d’efforts que de prouver le contraire. Les stéréotypes peuvent être particulièrement résistants. Il peut être difficile de prouver que nous sommes motivés si nos collègues pensent le contraire : il faudrait redoubler d’efforts et les montrer.

 

A présent vérifions la véracité de ces stéréotypes !

 

 

1. Manque de motivation

 

Selon une étude, les travailleurs âgés faisant l’objet de stéréotypes ont davantage hâte de partir à la retraite pour ne plus les subir. Ces mêmes travailleurs estiment avoir une santé plus fragile et une qualité de vie de moindre qualité. Cela semble confirmer les stéréotypes. Mais il ne s’agit là que d’un autre biais!

En effet, une seconde étude est venue apporter plus de précisions. La motivation ne fait que changer avec l’âge. Les travailleurs plus jeunes sont motivés par l’accroissement des ressources, tandis que les travailleurs plus âgés sont intéressés par la prévention de perte de ressources.

 

 

2. Manque d’intérêt pour les formations

 

Malgré l’orientation de cette nouvelle motivation, les études ont prouvé que les travailleurs âgés sont également intéressés par les formations. Ils sont également motivés pour apprendre et accroitre leurs compétences (ressources). Bien que l’on observe un taux de participation plus faible, dont les causes peuvent être multiples, à commencer par le contenu de la formation en question.

 

 

3. Résistance au changement

 

Les mêmes chercheurs ont prouvé que les travailleurs âgés font preuve d’initiative, de proactivité et sont prêts à s’adapter au changement. Comme pour toutes catégories de travailleur, encore faut-il bien accompagner ce changement et faire comprendre à l’ensemble des personnes concernées son intérêt.

La résistance au changement n’est donc pas corrélée à l’âge.

 

 

4. Santé plus fragile

 

Malheureusement, en ce qui concerne le stéréotype lié à la santé, le constat est plus amer. L’état de santé est détérioré avec l’âge, notamment la tension artérielle et le cholestérol. De plus, à partir d’un certain âge, les travailleurs ont plus de difficultés d’ordre physique.

 

 

5. Vulnérables à l’équilibre vie privée / vie professionnelle

 

Selon ce stéréotype, les travailleurs plus âgés consacrent plus de temps à leur famille qu’à leur travail. Ils seraient moins impliqués au niveau professionnel car davantage intéressés par d’autres aspects comme la famille, les loisirs ou des activités extraprofessionnelles.

L’implication au travail, ainsi que le fait de privilégier la sphère privée, n’ont pas été corrélés à l’âge.

 

6. Peu dignes de confiance

Selon ce stéréotype, les travailleurs âgés sont supérieurs aux plus jeunes, auxquels ils ne souhaitent pas transmettre leurs connaissances et leurs compétences. Cette croyance ne se vérifie pas : la rétention d’informations n’est pas liée à l’âge. De plus, les travailleurs dits âgés ont confiance en leur collègue et supérieur hiérarchique.

 

 

Comment bousculer les stéréotypes ?

 

 

Des formations ou sensibilisations peuvent montrer les stéréotypes et leur impact sur les personnes qui en sont victimes. Il est possible d’évoquer les stéréotypes positifs et négatifs, tout en prouvant qu’il ne s’agit pas de la réalité. De plus, une session de perspective-taking peut être enrichissante, permettant d’adopter un point de vue différent.

Mettre en place des équipes diversifiées permet de désamorcer les stéréotypes. A force de côtoyer différentes personnes (genre, âge, origines ethniques…), nous sommes forcés de constater au quotidien que les stéréotypes ne sont que des croyances. Elles sont véhiculées par un grand nombre et sont dures à changer. Pourtant, elles ne se basent que sur un échantillon non représentatif et ne contiennent que très rarement une part de vérité.

 

Yohanna Gomez

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